La famille de l'Incarnation

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Deux communautés UdJ en Equateur

La Communauté de Quito

La communauté est formée par : Miren Anda, Pilar Ampudia, et Isabel Gutiérrez.


Elle fut ouverte en 2003. Après une recherche intéressante pour trouver notre lieu d’insertion, nous sommes arrivées à la BOTA. La Bota est un petit quartier marginalisé dans la banlieue de Quito. Il s’est construit au cours des vingt dernières années avec des familles venues de tous les coins d’Équateur qui pensaient trouver dans la capitale de meilleures conditions de vie. Il s’agit essentiellement d’une population afro équatorienne.

Notre communauté vit dans une petite maison que nous louons et que peu à peu nous aménageons et à laquelle nous redonnons quelques couleurs.

Aujourd’hui nous apprenons à découvrir ceux et celles qui nous entourent, leur mode de vie et recherchons avec eux quelle peut être notre mission.

Vous pouvez nous contacter au n° de téléphone suivant : 2.3.45.28.15
ou mails ci-dessous :
Vous pouvez nous contacter en cliquant sur : email





Dans Prions en Eglise…
Vous avez lu dans le n°312 du mois de décembre, p.285 l’article La foi inébranlable des femmes équatoriennes écrit par Bérénice Denissel, éducatrice, volontaire DDC en Equateur en 2010-2013 dans la communauté des sœurs Ursulines de Quito !

Avec l’aimable auorisation de la revue, vous trouvez ce témoignage sur notre site La foi inébranlable des femmes équatoriennes

La communauté de Esmeraldas

Une première communauté de Sœurs UdJ est arrivée à Esmeraldas en Equateur en 2009. Sr Marie-Thérèse BOUTIN, après plusieurs années au Cameroun et au Centre spirituel, a rejoint cette communauté en 2011, suivie peu après par une jeune Sœur Camerounaise, Sr Rachel OKOUBELEME .


Voici plus d’un an que je suis à Esmeraldas… Quoi dire ? C ‘est encore bien peu de temps pour connaître une réalité aussi complexe...
Cependant, je vais essayer d’en dire quelque chose.

Situation

La province d’Esmeraldas est située au Nord de l’Equateur, une province avec de grandes richesses naturelles : la mer, de grandes rivières, des minerais en particulier d’or, du pétrole, des richesses culturelles liées à la diversité de la population, mais ici en sa majorité d’origine africaine.

Un peu d’histoire

Un anthropologue d’Esmeraldas nous retrace ainsi l’histoire de ce peuple : L’histoire du peuple afro- équatorien est une histoire de résistance. Les différents groupes d’hommes et de femmes afro-équatoriens, sont les descendants directs des hommes et des femmes qui, contre leur volonté, ont été enlevés du continent africain pour apporter leur force de travail et ont contribué à la construction économique, socio-politique et culturelle de l’Equateur, mais nous descendons aussi d’autres migrations antérieures et postérieures à la triste histoire de l‘esclavage. Cependant, ce triste chapitre de l’histoire de l’Equateur est important pour comprendre notre présence dans la région d’Esmeraldas.

La tradition orale nous rapporte que, pendant le temps où nos ancêtres ont été esclaves, ils furent soumis par l’Etat et les institutions de la société dominante à un processus systématique et constant de « déculturation » et « d’acculturation » qui a duré plus de 500 ans et qui subsiste dans les livres scolaires. Pendant tout ce temps, on a essayé d’effacer de la mémoire collective des communautés tout ce qui était d’origine africaine et il s’agissait par tous les moyens d’imposer les formes et les traditions culturelles de la société dominante, imposant les noms, la langue, les coutumes du colonisateur.
Comme réponse à cette violente imposition culturelle, nos ancêtres ont fait preuve d’un extraordinaire pouvoir de résistance, de rejet, de désobéissance à la domination et c’est ainsi qu’ils ont réussi à maintenir une grande partie de l’héritage africain.

Depuis quelques années, l’Etat veut remettre en valeur l’apport des différentes communautés culturelles et en particulier renforcer l’identité afro, à travers, par exemple le festival de musique et danses afro pour le Carnaval, la fête du saint noir : Saint Martin de Porres.

Cependant, il reste encore du chemin à parcourir pour qu’ils ne soient pas objet de discrimination et qu’ils aient toute leur place dans la société.

La communauté UdJ

Ana, Rachel, M.Thérèse

Quant à nous, nous vivons dans un des quartiers de la ville d’Esmeraldas. Ce quartier a 15 ans d’existence et a été formé par invasion. Les femmes nous racontent comment elles se sont serré les coudes pour occuper les lieux chaque jour et résistaient aux violences de ceux qui venaient avec des camions pour les chasser. D’autres sont venus s’établir à la suite de grandes inondations dues au phénomène d’ El Niño.

Nous vivons dans une ambiance quasi continuelle de fête…chaque maison offrant (trop) généreusement et gratuitement la musique et les chansons de son choix avec haut-parleurs pour tout le quartier, de jour comme de nuit mais spécialement le week-end. Le soir surtout, les rues s’animent et on se croirait à la fois : dans une cour d’école, sur un terrain de foot ou sur un champ de foire. Pour aller à la messe, le soir à 19h30, il faut s’y prendre à l’avance car les nombreux enfants de la rue viennent pour saluer et se faire embrasser 2 ou 3 fois avant de nous lâcher.

Une Eglise jeune et missionnaire

Sur le plan religieux, il y a peu de pratique mais une religiosité qui s’exprime à travers des rites, des moments particuliers comme les neuvaines à l’occasion d’un décès, ou pour Noël.

Il n’y a eu de présence suivie d’Eglise que depuis 55 ans, aussi il y a tout un travail d’évangélisation à faire. Le thème du plan pastoral du Vicariat pour l’année est : Evangélisateurs de la Famille et Prophètes de la Vie. Nous croyons et nous espérons être défenseurs de la vie, élevant la voix et unissant nos forces devant tant de menaces de mort que vit notre peuple, pour que les droits soient respectés et développés...

La semaine pastorale a été un moment fort de conscientisation et de dénonciation de la mort lente de notre peuple due à l’exploitation abusive des mines d’or qui entraîne une contamination et même un empoisonnement des eaux provoquant cancer de la peau, des voies respiratoires, des malformations ; à l’accaparement des terres pour la culture intensive du palmier africain entraînant désertification et émigration de la population ; à la présence des tueurs à gages qui fait vivre dans un climat de violence et de méfiance de son voisin, mais aussi à la violence intra-conjugale et à la désintégration familiale.

Aux religieux(ses), notre Evêque répète : N’ayez pas peur de descendre dans les abîmes et les enfers d’Esmeraldas car Jésus y est descendu et c’est là que nous sommes appelés à le rejoindre, mais y descendre comme celui qui a pleine confiance en Celui qui nous y précède...

Notre mission de Soeurs UdJ


Dans ce contexte, quelle est notre mission et quelles sont nos activités ? Avant tout être une présence vivante du Christ dans le quartier et présence du quartier devant Dieu.
Nos activités sont surtout près des enfants et des femmes. En avril, pour nous, c’est le début de l’année scolaire aussi nous allons recommencer l’ aide scolaire tous les après-midi , car beaucoup d’enfants ne sont pas aidés dans les familles et les classes nombreuses ne permettent pas d’aider ceux qui en ont le plus besoin . C’est un programme organisé par la Paroisse des Salésiens qui vient de remettre en état les « oratorios » = salles de rencontres des groupes.

Nous accompagnons aussi deux groupes de femmes pour réflexion et activités manuelles permettant un petit supplément économique pour leurs foyers.

C‘est aussi la reprise de la catéchèse, alors, nous passons dans les familles rappeler que c’est le moment de s’inscrire, s’ils le désirent…, en effet, beaucoup appartiennent à des Eglises évangéliques.

Pour Pâques, nous avons été mises à contribution par notre nouveau curé pour animer la « Pâque des adultes » : 3 jours de réflexion sur le thème de la semaine pastorale et la « Chiqui pascua », « la Pâque des enfants » dans un des quartiers ainsi que les célébrations des jours saints, en particulier le chemin de croix dans les rues du quartier, chaque station étant dans une famille différente.

Ce quartier s’appelle Valle hermoso, construit pour tous
ceux qui avaient perdu leur maison à la suite des inondations d’El Nino.

Unis dans la même mission d’Incarnation quels que soient le lieu et la modalité.

Sr Marie-Thérèse Boutin, Esmeraldas